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REVUE DE PRESSE De Mémoire de Papillon

Ce que la presse en dit :

Colette Braeckman : Le carnet de Colette Braeckman : http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/

De mémoire de papillon, ou la tragédie de Lumumba questionnée par les jeunes générations

Quand Lumumba quitte les livres d’histoire pour s’inviter chez Claude Volter.

Patrice Lumumba est enfin sorti des livres d’histoire, des pamphlets politiques, de la chronique judiciaire. Après une « relégation mémorielle » de plus d’un semi siècle, ce personnage de tragédie occupe enfin la place qui lui revient : celle d’un héros… Trahi, méconnu, sali, récupéré par les faussaires et les Judas, le voilà qui revient, dans les bagages d’une nouvelle génération, qui pose, encore et toujours les mêmes questions aux aînés : où étiez vous, que saviez vous, qu’avez-vous fait ?
De manière très littéraire, l’écrivain Laurent Demoulin transforme Lumumba en nouvel Ulysse et mêle la légende grecque aux réminiscences de l’histoire (1). Mais surtout, sur la scène de la Compagnie Claude Volter, Michel de Warzée (2) a entrepris un étrange périple, en compagnie de deux auteurs plus jeunes, Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez. A quatre mains, ces derniers ont mis en scène le choc des générations, apprivoisé les souvenirs très personnels du directeur du théâtre Claude Volter dont le père, le juge Lemaire de Warzée d’Hermalle, est celui là même qui, à Léopoldville, condamna Patrice Lumumba à six mois de prison. Une sentence que le futur Premier Ministre n’accomplit jamais car, les mains encore marquées par les fers, il fut libéré avant le terme prévu pour pouvoir assister à la Table ronde de 1960. Durant des décennies, le souvenir de ce procès a pesé sur la famille et souvent est revenue la question lancinante : mais qui était donc Lumumba, quelle fut l’exacte responsabilité des Belges ? Cette masse pesante du passé non dit et non résolu, il fallait que deux jeunes auteurs y portent le scalpel, pour la délivrer du fantôme qui, comme le disait naguère le cinéaste Raoul Peck, hante toujours les rues de Bruxelles (où aucune place ne porte encore le nom du proscrit…) Délivrés des non dits et des complexes du passé, les deux auteurs tissent une double trame, aussi vraie à l’avers qu’au revers. La première, à la fois familière et bouleversante, est celle de Raymond, un ancien militaire qui, sans doute, participa à la mise à mort de Lumumba, un soir de janvier au Katanga. Que s’est il donc passé, cette nuit où le Congo bascula ? On ne le saura pas plus aujourd’hui qu’hier, car la mémoire de Raymond, fort opportunément, est défaillante (autant que celle des derniers protagonistes qui comparaîtront bientôt devant un tribunal bruxellois et s’abriteront, eux aussi, derrière les brouillards d’Alzheimer…)
Mais l’essentiel est ailleurs : ce qu’il faut retenir c’est que Raymond, comme tant d’autres, a laissé au Congo une partie de son âme, qu’il n’a rien compris à la lutte, aux aspirations du peuple congolais, qu’il assure avoir obéi aux ordres (de qui ? dans quel but ?)… Il s’est inscrit dans une histoire qu’ il ne maîtrisait pas, il a tenu son rôle sans savoir qui écrivait la partie et il mourra à la fois innocent et coupable, hanté et amnésique, traqué par une jeune femme qui le mitraille de questions et ne craint pas d’humilier le vieux soldat…
Miracle de la mise en scène, à la fois extrêmement simple et évocatrice, deux Africains évoluent dans l’ombre de Raymond. Ils rodent aux confins de la scène, surgissent de la nuit, jaillissent des coulisses et s’imposent au premier plan des cauchemars. Il sont là, omniprésents, Lumumba et son geôlier, un militaire dégingandé, que le détenu s’obstine à appeler mon frère, qu’avec sa parole de prophète, de tribun, il réussit à déstabiliser. Si les défaillances de Raymond émeuvent, Diouc Koma, très convaincant dans le personnage de Lumumba, suscite des réactions contrastées : dans la salle, des Belges d’un certain âge se contiennent, comme si les haines d’hier n’étaient pas apaisées, d’autres sont gagnés par l’émotion, et ne peuvent s’empêcher de se demander si les Belges, dans leur aveuglement, n’auraient pas sacrifié un autre Mandela…
Adossé à de solides recherches bibliographiques, nourri par les souvenirs et les fantômes issus d’histoires familiales, ce spectacle laisse aussi la part belle à l’imaginaire. Il permet à chacun de se réapproprier Patrice Lumumba, de revisiter et de reconstruire un drame qui oscille entre une histoire belge et une tragédie de portée universelle…

(1)Laurent Demoulin, Ulysse Lumumba, éditions Le Cormier
(2) Théâtre Claude Volter, de mémoire de papillon, jusqu’au 25 octobre à Bruxelles, une pièce de Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez, sur une idée de Michel de Warzée

Bernard Roisin, l’Echo du 7/10/2014 :

L'Echo B. R. 7.10.14 -

Roger Simonshttp://lesfeuxdelaramperogersimons

Une création qui aborde la question épineuse de la décolonisation et du devoir de mémoire ! Un spectacle bien différent de ceux  mis généralement à l’affiche  de la Comédie Claude Volter.

Nous ne sommes ni dans une comédie,  ni dans un vaudeville, mais bien dans une tragédie vécue dans les années 60 au Congo. Une histoire qui touche de très près Michel de Warzée. Il entretient un lien fort avec ce pays qui l’a vu naître et où il a passé les premières années de sa vie. C’est de là que vient son souhait de donner naissance à une pièce qui interrogerait le lien entre la Belgique et son ancienne colonie.

DE MEMOIRE DE PAPILLON  de Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez : une belle collaboration  prônée par Michel.  Suspens et humour permettent à cette pièce, tissée habilement en mêlant fiction et réalité, d’évoquer l’une des pages douloureuses de la décolonisation.

C’est une pièce très moderne  dotée d’un dialogue secoué, d’une belle écriture cartésienne, rationnelle, émouvante. Et cette fois  les spectateurs seront heureux de voir une Histoire des plus importantes émanant du Congo. Le drame vécu dans les années 60 au Congo s’était totalement écarté de notre mémoire !

La pièce qui se joue aujourd’hui est intéressante tant pour l‘Histoire vraie que  pour la découverte d’une  mise en scène très recherchée, d’une scénographie qui  touche de près le côté cinéma, d’une découverte aussi de deux grands comédiens, Diouc Koma originaire du Mali, Virgile M’Fouilou originaire de Congo-Brazzaville, d’une ambiance sonore et musicale pénétrante et pas du tout braillarde, d’une lumière tamisée et bien partagée pour situer les deux endroits où se déroule alternativement l’action, des costumes qui font  vrais qu’on pouvait  voir au Congo tels celui du Major Raymond et  ceux des  deux congolais.

La pièce se joue de la sorte : on passe d’une scène à l’autre, du lieu de Raymond à celui de Lumumba. C’est très bien conçu et cela évite de quitter l’action. On reste dans l’histoire. On suit facilement son déroulement.

LE JEU DES ACTEURS

DIOUC KOMA / VIRGILE M’FOUILOU : Vivant ! Poignant ! Pathétique ! Vrai !

Les séquences entre Lumumba et le gardien sont d’une violence terrible, et se présentent vraiment comme des séquences ciné.  Leurs affrontements sont d’une vérité étonnante ! Leurs empoignades sont saisissantes, comme celles que l’on voit souvent au cinéma. Et tous deux font preuve d’une belle qualité d’interprétation de leur personnage, pas évidents à croquer.

STEPHANIE MORIAU/ MICHEL DE WARZEE : A la fois : comédien,  metteur en scène,  professeur, directeur et.. maman/papa de deux jeunes enfants… Ils se glissent tous deux avec une réelle facilité dans de nombreux  personnages.  Ils jouent ensemble dans beaucoup de pièces tellement différentes. Les voici aujourd’hui dans cette pièce, tous deux dans des personnages pas faciles  à  pénétrer. Ils sont impeccables !

A ces quatre brillants comédiens, je veux joindre tous ceux qui travaillent derrière le décor : Mise en scène : Philippe Beheydt / Assistante à la mise en scène : Stéphanie Mangez / Scénographie : Marie-Christine Meunier / Costumes : Jackye Fauconnier / Création lumière et régie : Sébastien Couchard / Stagiaire : Margaux Halders / Construction des décors : MCB Atelier

Et la musique d’Hugues Tabar –Nouval : Compositeur français de bandes originales de plusieurs longs métrages, de documentaires, de pièces pour la télé. Je tiens à souligner la qualité de sa musique  qui me fait penser aux grands compositeurs pour le cinéma. Il entoure sa musique d’une ambiance sonore très discrète mais qui crée une ambiance angoissée, trouble…)

Merci à Michel de Warzée d’avoir eu cette bonne idée de remettre en mémoire ces événements graves  de 1960. Bravo à tous  pour ce magnifique travail !  Roger Simons

Dominique-Hélène Lemaire : http://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs

Éblouissant !

Conçu comme deux escalades de violences parallèles, ce spectacle a des allures de montagnes russes : entre une Belgique du 21e siècle et la sombre période de décolonisation de l’ex-Congo Belge en 1960. Un  décor unique, complètement  fascinant pour l’imaginaire : des rideaux de treillis qui ont  perdu leur couleur de camouflage et qui sont devenus scintillants et blancs. Des jeux de lumière et de bande son. Une régie pleine de dynamisme de Sébastien Couchard. Une mémoire, blanche, avec des trous? La mémoire est-elle une passoire? Ou bien sont-ce des moustiquaires  que le boy n’en finit pas de réparer? A moins que ce ne soient les corps soumis au feu des balles qui deviennent  passoires? Ce décor a certes la fonction d’engager le mental dans des recherches poétiques car devant vous vont se dérouler des tranches de mort insoutenables.

 D’un côté deux jeunes acteurs au jeu irréprochable, l’un (Diouc Koma) né au Mali, l’autre (Virgil M’Fouillou) né à  Brazzaville, qui jouent avec une vérité cinématographique bouleversante la relation universelle entre un prisonnier attaché à un radiateur et son geôlier. De l’autre, un  duo d’enfer,  Michel de Warzée – Stéphanie Moriau qui joue la relation de dépendance entre le patient sans défense miné par Alzheimer et une soignante omnipotente qui le tient en otage.

 Le prisonnier entretient la parole comme seul espoir de survie, le patient s’enferme dans un silence protecteur d’une histoire dont il a honte. Cette double vision qui structure  cette pièce admirablement écrite  par Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez a la force d’une implacable escalade où un couple de forces vous vrille l’esprit et le cœur avec la puissance d’une tornade !  Du texte aux planches, la mise en scène (par les mêmes) est  prodigieusement efficace.

Le projet de cette création historique vient du vécu de Michel de Warzée :  « J’ai eu jusqu’à 14 ans, sans aucun doute une des jeunesses les plus heureuses et les plus belles du monde… »  Il est né à Elisabethville, sa mère est épouse de magistrat, la famille mène une vie de rêve dans un pays magnifique à part le colonialisme dont il n’a aucune idée. Mais il a retrouvé des documents de famille d’une vérité saisissante. Le  17 janvier 1961 le leader du Mouvement national congolais (MNC) est tué dans des conditions mystérieuses au sud du Congo belge qui deviendra le Zaïre puis la République démocratique du Congo. Patrice Lumumba avait été nommé Premier ministre du Congo au moment de l’indépendance du pays en juin 1960. Il avait été évincé du gouvernement et livré au sécessionniste du Katanga, Moïse Tshombé  cependant qu’éclatait  la guerre civile. Partisan d’un Congo indépendant et unitaire, il était jugé trop proche de l’URSS à qui il avait demandé de l’aide. La décision de l’éliminer est attribuée au gouvernement belge et à la CIA. Son exécution fera de Patrice Lumumba le symbole de la lutte anticolonialiste africaine.

Par le théâtre, Michel de Warzée entreprend donc un devoir de mémoire et fait revivre les événements avec une intensité cinématographique effarante. Le crescendo des scènes du prisonnier et de son gardien  est de plus en plus glaçant et devient presque irregardable mais le texte sauve. En effet, la parole  inlassablement répétée par le prisonnier implique que nous sommes tous frères. Et aussi, frères de James Foley, Steven Sotloff, David Cawthorne Haines,  Hervé Gourdel. La pièce a hélas  la  rrésonance d’une brûlante actualité.

Le personnage de la jeune et maléfique garde-malade n’est pas moins poignant dans sa volonté  presque hystérique d’arracher les secrets de cet homme défait par la vie et par une situation politique dont il n’avait nulle conscience, dans sa radieuse jeunesse. Le message  anticolonialiste est on ne peut plus clair. Les quatre comédiens jouent au sommet de leur  puissance  dramatique.  Dominique Hélène Lemaire

Marion Le Guilloux : http://cultureremains.com/memoire-papillon/

De mémoire de papillon est une histoire de majuscules. De celles qui font la différence entre histoire et Histoire, homme et Homme, mémoire et Mémoire.

L’aventure était périlleuse mais le défi a été relevé brillamment. En s’attaquant à l’écriture d’une pièce sur l’indépendance du Congo, Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez s’engageaient pourtant sur une voie épineuse et délicate. Travailler sur ce tronçon de l’Histoire contemporaine belge, c’est aborder la manière dont l’indépendance a été donnée, c’est traiter de l’assassinat de Lumumba, c’est revenir sur des blessures non encore cicatrisées de part et d’autre. C’est aussi, peut-être, une manière d’entamer un devoir de Mémoire…

La pièce est, quoi qu’il en soit, très intelligemment construite : elle tire sa force et son rythme des deux récits parallèles qu’elle propose.

D’un côté : Bruxelles, 2014, Raymond (Michel de Warzée), retraité belge, dont la mémoire est peu à peu détricotée par Alzheimer, mène une bonne petite guerre à son aide soignante Léonie (Stéphanie Moriau), qui semble n’avoir aucun tabou, une langue bien pendue et un humour grinçant. Elle fait également montre d’une curiosité surprenante pour les derniers instants du Congo belge, et les souvenirs du Major Raymond à ce sujet. Leurs échanges cinglants sont un pur délice, un régal de réparties musclées et d’impertinence, teintés parfois de nostalgie lorsqu’il est fait référence à la maladie qui gagne du terrain.

 De l’autre côté, Léopoldville, 1961 : Lumumba vient d’être arrêté, trahi par Mobutu, alors chef d’Etat Major général des Forces armées, et Kasa-Vubu, Président de la toute nouvelle République du Congo. Se doutant de l’issue de son arrestation, il continue pourtant la lutte et se livre à son geôlier, tentant dans un dernier fol espoir de le convaincre, en donnant à entendre son dernier discours. Le jeu tout en subtilité de Diouc Koma nous rend palpable la force de persuasion, la prestance, la conviction chevillée au corps de Lumumba dans la justesse de sa cause, mais également ses failles d’homme.

L’habileté de la mise en scène et de la scénographie à faire coexister sur un même plateau ces deux histoires, à mêler deux espaces, deux époques de récit est remarquable. En créant des passerelles dans la mémoire malade de Raymond, hanté par ses dernières actions au Congo avant qu’il ne « soit cochonné », le texte permet de conserver l’unité d’action, et de captiver le spectateur en faisant progresser l’intrigue.

Dans l’atmosphère musicale jazzi qui nous replonge en 1960, au travers d’une pièce très documentée, parsemée de références et d’extraits historiques (notamment le très beau discours de Lumumba lors de la Cérémonie d’Indépendance du Congo ), les deux co-auteurs et metteurs en scène permettent aux acteurs de se livrer totalement : Michel de Warzée est plus vrai que nature dans son rôle de petit vieux bourru qui se voit rattrapé par son passé, maltraité par Stéphanie Moriau en garde malade agaçante – un peu trop ? – et opiniâtre.

Diouc Koma livre une prestation irréprochable en Patrice Lumumba, tandis que Virgile M’Fouilou campe avec talent un soldat perdu entre son envie d’un Congo fort, la foi qu’il voudrait placer en Lumumba, et la peur que lui inspire les colons alors encore, même si c’est en sous-main, au pouvoir.

A la fois devoir de mémoire et devoir de conscience, la pièce est une véritable réussite, tant dans sa conception que dans sa réalisation. Elle télescope l’histoire avec l’Histoire, questionne la mémoire d’une personne face à son passé, la Mémoire d’un pays face à son histoire.  Bravo !  Marion Le Guilloux

 

Quovadisart :  http://www.quovadisart.be/

“Vous venez d’assister à une Première création mondiale” annonçait fièrement Michel de Warzée lui-même à la fin de la représentation mardi soir à la Comédie Claude Volter devant un parterre de Belges distingués venus voir “De mémoire de papillon“, la pièce écrite à quatre mains par Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez sur un sujet très délicat: le Congo. En effet, n’a-t-on pas tous quelque chose en nous du Congo… pour parodier Johnny Halliday et le Tenesse? Un thème abordé tout en subtilité dans un intéressant décor et une magnifique mise en scène mise en valeur par un jeu de lumières de Sébastien Couchard, avec une musique originale de Hugues Tabar-Nouval et interprétée par Michel de Warzée lui-même qui a demandé aux auteurs d’écrire cette pièce sur une histoire liée à son enfance. Très touchant donc avec un public ce soir-là de Belges chics dont on imagine qu’ils faisaient partie de ces familles belges au Congo à l’époque. Intéressante étude sociologique à faire tant sur la scène que dans la salle… Une scène divisée en deux: d’un côté, on est au Katanga en janvier 1961 et il reste quelques jours seulement à Patrice Lumumba (Diouc Loma) pour rallier son geôlier (Virgile M’Fouilou) à sa cause; de l’autre côté, on est à Bruxelles en 2014 avec Raymond (Michel de Warzée), un ancien militaire dont on devine les prémices de la maladie d’Alzheimer qui est avec Léonie (Stéphanie Moriau), sa nouvelle garde-malade avec lequel il est extrêmement désagréable mais elle est visiblement là dans un autre but que de le soigner… Des mondes et des générations différents, des perceptions, des événements aux antipodes… La réalité?

“Quand Michel m’a confié un soir son projet en me demandant de le réaliser, je me suis dit”, raconte Philippe Beheydt, “qui suis-je pour aborder un tel sujet? Et puis, j’ai eu envie de parler de quelque chose d’universel: la mémoire. C’est une pièce qui aborde le rapport à la mémoire, que ce soit d’un pays face à son histoire ou d’une personne face à son propre passé. Le peuple a la mémoire courte (surtout en politique), il oublie très vite. Et l’art est un outil extraordinaire à travers lequel on peut faire ressurgir le passé pour questionner le présent. Je pense qu’en tant que metteur en scène, cinéaste, auteur, etc. on a le devoir de poser des questions. On n’y répond pas forcément, mais à travers la parole de nos personnages, on pose un regard, on amène un point de vue.”

Pari réussi pour cette pièce basée sur des documents d’époque, des papiers de famille -Léonie lit à un moment des lettres qui sont réellement celles de la mère de Michel de Warzée- qui a réussi à maîtriser un sujet difficile où tant de données culturelles, historiques, politiques rentrent en jeu.

Et enfin quand on apprend, au détour d’une réplique, que c’est le juge Lemaire de Warzée d’Hermalle qui n’est autre que le père de Michel qui condamna Patrice Lumumba à 6 mois de prison en janvier 1960, la pièce prend une nouvelle dimension. Virginie de Borchgrave

Le courrier de spectateurs :

Bonsoir,
Nous sortons à l’instant de votre représentation de la pièce De Mémoire de Papillon. Nous sommes sans voix… La prestation était exceptionnelle, humaine, touchante et incroyablement intéressante.
Nous belges portons un poids historique terrible et votre pièce est là pour nous le rappeler. Pourquoi n’en parlons nous pas plus ? Pourquoi mes cours à l’école n’ont pas apportés plus d’éléments sur ce pan de l’histoire incontournable ? (je suis pourtant né en 1986… de l’eau a coulé sous les ponts depuis ces faits mais malgré tout…..)
A quel point continuons nous à le porter ? A quel point le sujet est contemporain plutôt qu’historique ?
Bref, je pense qu’il y a de nombreuses choses sur lesquelles s’interroger.
Nous ne sommes pas là pour le verre mais merci pour tout, vous resterez tous les quatre pour longtemps dans notre mémoire et nous essayerons de venir vous voir pour vos prochaines représentations malgré que nous ne soyons à priori pas des passionnés de théâtre.
Gardez votre énergie et votre humanité ! Longue vie à votre compagnie et à tous vos futurs projets 
Sarah et Julien