PRESSE

CRIME ET CHATIMENT – Revue de Presse

Le récit du désespoir humain et de sa possible rédemption…

Adapter une œuvre romanesque à la scène, c’est incontestablement une gageure.

Henri Gouhier (philosophe français) : Il faut  «une désincarnation et une réincarnation, un transfert d’âme »

Sans vouloir être dithyrambique, je considère le travail de ce jeune metteur en scène comme une parfaite réussite.

Dès l’ouverture du rideau, nous plongeons dans l’histoire.

Le suspense est déjà présent, l’aspect policier en tête !

Grâce à la musique  « très hollywoodienne » de Pascal Charpentier…

Grâce  aux lumières « inquiétantes »  de Sébastien Couchard …

Grâce  à la scénographie de Noémie Breeus …

Grâce  à ce multi décor : plusieurs praticables à niveaux différents qui permettent au déroulement de la pièce/cinéma de passer d’un lieu à un autre sans rupture d’action …

Grâce au jeu des douze comédiens, ancrés remarquablement dans leurs personnages, pas toujours évident à interpréter…

Grâce à la conception de mise en scène et en action d’Alexis Goslain  qui est entré de plein pied dans l’œuvre de Dostoïevski, faisant jouer aussi ses acteurs dans une tonalité vraie et sobre, sans bavure, sans effet inutile.

 

Michel de Warzée a-t-il pris un sérieux risque en programmant cette pièce des plus sérieuses et pas toujours accessible ?

Eh bien, non, la salle  du Théâtre est remplie chaque soir et les spectateurs, non décontenancés, suivent le déroulement de cette pièce dans le silence le plus absolu.

Les applaudissements confirment le plaisir qu’ont eu les spectateurs au regard des douze acteurs que je félicite également :

Mathieu Besnard dans le rôle-clé de Raskolnikov. Son interprétation colle admirablement au personnage,

Michel de Warzée : Porphyre Petrovitch , juge d’instruction ; un être redoutablement ambigu,

Chloé Struvay : Sonia Sermionvna Marmeladova , une sainte et une prostituée à la fois,

Bernadette Mouzon : Poulkheria  Alexandrovna Raskolnikova

Bernard d’Oultremont : Dimitri Prokovich Razoumikhine

Bruno Georis : Semion Zakharovitch Marmeladova

Jacqueline Bollen : Aliona Ivanovna & Katerina Marmeladova

Sarah Woestyn : Dounia Romanovna Raskolnikova

Xavier Percy : Piotr Petrovitch Loujine

Julien Devisscher : Nicolaï, le peintre

Nicolas Legrain : Pestriakov, l’étudiant

Serge Zanforlin : un gendarme, Koch, le cocher

Francis Huster : « Crime et châtiment » est la pièce la plus incroyable qu’on puisse jouer aujourd’hui ».

Roger Simons

http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be

archive/2013/03/04

 

 

Crime et Châtiment

Ce chef-d’œuvre de la littérature russe publié en 1866 n’a pas pris une ride.
Il nous invite à suivre les réflexions et tourments de Raskolnikov, un étudiant en droit désargenté.

Roman fleuve de plus de mille pages, le transposer au théâtre, dans un spectacle haletant, captivant et actuel par sa thématique de la violence dans la société est un défi qu’Alexis Goslain relève brillamment. Son adaptation et sa mise en scène démontrent une profonde maturité et une sensibilité exacerbée.

Il dirige une distribution copieuse (12 comédiens, une quinzaine de rôles) où chacun a sa place, sa force, sa présence. Aucun n’a été négligé, tous font partie d’un ensemble, de cette peinture noire et glauque de la Russie du siècle dernier, de ce drame existentiel.

Dans une scénographie épurée, mobile, sur trois niveaux (Noémie Breeus), chaque détail, jusqu’à la couleur des boîtes d’allumettes, est pensé, vérifié, contrôlé pour créer une ambiance sombre. De même, l’ouverture totale du plateau suscite l’impression obsédante et oppressante d’être surveillé, épié, jugé, jaugé.

Cette disposition scénique est propice aux apartés, aux confidences, aux allers-retours, à l’intimité, à la plongée dans les souvenirs ou les songes, ce qui se renforce d’autant plus grâce aux éclairages de Sébastien Couchard et aux musiques qui font frissonner de Pascal Charpentier.

Spectacle rythmé, aux phrases courtes et nerveuses, aux sentiments exaltés, servi par une interprétation sans faille, des acteurs d’une présence formidable de bout en bout, une énergie et un désespoir tout aussi intenses.

Crime et Châtiment derrière sa trame policière est un drame slave, dans toute la beauté et la grandeur classique du mot, qu’il se faut de découvrir de toute urgence tant le travail d’Alexis Goslain et de la troupe de la Comédie Volter : Chloé Struvay (délicate Sonia, victime au cœur pur), Mathieu Besnard (impressionnant Raskolnikov), Michel de Warzée (tout en finesse en Porphyre Petrovitch, sorte de Columbo d’un autre siècle), Bernadette Mouzon (la mère), Bernard d’Oultremont (d’une incroyable et lumineuse présence en Razoumikhine, l’ami fidèle), Bruno Georis (excellent en ivrogne philosophe), Jacqueline Bollen (revêche à souhait en usurière et démonstrative Katerina Marmeladova), Sarah Woestyn (Dounia Raskolnikova), Xavier Percy (joliment rigide Loujine), Nicolas Legrain, Julien De Visscher (impeccable jeune peintre) et Serge Zanforlin méritent vos applaudissements et d’être joué bien plus loin que les limites de Woluwé St Pierre…

Muriel Hublet

http://www.plaisirdoffrir.be

Spectacle vu le 02-03-2013