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L’ART D’AIMER – CRITIQUES

 

Guitry cover paris match 002 copie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CRITIQUE CINEMANIACS

L’ART D’AIMER

 
Tomes, au bord de la Mer Noire…
Un grand poète, vieilli, exilé par l’empereur Auguste, médite tristement dans son fauteuil de plage…
Stéphanie Moriau ( metteuse en scène ) : C’est ma toute première mise en scène .

Une nouvelle expérience que de mettre en scène un comédien, en l’occurrence Michel de Warzée , directeur de la Comédie Claude Volter et mon…époux dans la vie.
Il avait déjà joué – il y a une vingtaine d’années – ce fabuleux « précis de séduction à l’usage des deux sexes » …
Oui, je me souviens bien de ce magnifique spectacle au Théâtre de Poche avec Michel… Il s’agissait d’une adaptation de Michel Grodent , non ?
Stéphanie Moriau: Absolument, vous avez une bonne mémoire… (rire)

C’est toujours dans cette adaptation que se donne la pièce aujourd’hui mais j’ai demandé à Michel, pas l’acteur mais l’adaptateur, l’autorisation de placer l’action à l’époque où le faiseur de conseils auprès des hommes et des femmes avait perdu de son éclat, isolé à Tomes…

Cet homme, se prenant pour un savant « docteur es amour « va nous livrer ses secrets.
Et quels secrets ! Epoustouflant ! Au bord de l’érotisme avec un petit doigt trempé dans la pornographie…
Stéphanie Moriau: Vous allez me faire rougir ! Cet homme est bien un professeur de jouissance, un conseiller en drague, un consultant en transports amoureux…
Rappelez-nous son nom.
Stéphanie Moriau : Avec un plaisir non dissimulé ! OVIDE !…en latin « Publius Ovidius Naso » né le 20 mars 43 avant J-C à Sulmona (Italie) et mort en 17 après J-C à Tomes où nous sommes en ce moment…
Stéphanie Moriau, vous nous présentez remarquablement ce grand poète dans le programme du Théâtre…
Imaginons maintenant une scène de théâtre ouverte à tous les vents et à tous les mots.

Et se dressant dans un nouveau sursaut, la venue d’Ovidius face au public…
S’ils avaient été de la même époque, Ovide et Sacha(Guitry), ils auraient été copains tous les deux !
Et Ovide (Michel de Warzée) va se lancer dans une volée de propos et de conseils destinés au sexe dit « fort » . Il le fait avec une verve étonnante, un sourire parfois moqueur, un clin d’oeil évident, des regards destinés aux hommes, d’autres aux femmes…Il en jubile « le traître » …
On s’amuse. On rit.
L’homme spectateur jette un œil à son tour vers son épouse, sa compagne ou plus simplement sa maîtresse.
L’épouse, la compagne ou la maîtresse fait mine de ne rien voir, de n’y attacher aucune importance mais moi, je crois que cela la trouble, l’excite, l’énerve… selon son tempérament…
J’aurais voulu être une souris avant-hier pour savoir ce que pensaient les femmes de toutes ces précautions à prendre pour les aborder et gagner leurs…faveurs !!!
Ovide (aux hommes intéressés) : Dans tous les cas, Messieurs, que ce soit au forum, au cirque, au théâtre ou dans les banquets, suivez votre désir, les mots viendront tout seuls.
Vous devez jouer le rôle de l’amant et faire croire à votre souffrance, mettez tout en œuvre pour gagner sa confiance. Ce n’est pas un problème que d’être crédible !
Toutes les femmes se trouvent irrésistibles…
Ovide, alias Michel de Warzée , est très convaincant.
Nous, les mecs, les dragueurs, tendons les deux oreilles…
Ovide/Michel se déplace sans cesse de cour à jardin , de jardin à cour pour entreprendre les « mâles » de leurs devoirs à accomplir sur le chemin du désir , du corps, du sexe , voire de l’amour !
Une bonne heure d’horloge et Michel de Warzée propose – toujours avec sa drôlerie permanente –

un petit entracte, question de souffler et de se « détendre » si j’ose dire un court moment.
Mais la deuxième partie du spectacle sera consacrée à celle à qui l’on pense toujours, à celle que l’on aimerait séduire : la FEMME !
Et Ovide (toujours cet excellent Michel de Warzée) sera moins généreux dans ses conseils aux dames de belle vertu : une quarantaine de minutes !
Remarquez, c’est plus qu’il ne faut pour atteindre la victoire masculine !
Sonnerie de fin d’entracte. Le rideau rouge se lève dans un rythme d’une belle sensualité.
Que de découvertes sur cet « art d’aimer » ! Que de propos à inscrire discrètement dans son agenda au cas où l’on devrait faire une rencontre inattendue et « chaude » !

Que de moments exaltants à vivre , qui sait ! Ou que de catastrophes à subir !
Je suis convaincu que beaucoup de femmes vont se préparer à cette expérience… Bon « travail » Mesdames !
Stéphanie Moriau a réalisé une mise en scène toute simple mais pleine d’amour, de respect pour Ovide et sa poésie tout à fait inimaginable, une mise en scène faite aussi de petits moments de bonheur, d’amour, de sensualité et d’envie sexuelle…
On ressent bien la touche délicate d’une jeune femme !
Michel de Warzée joue aussi avec simplicité, une certaine bonhommie, un sourire et un rire communicatif. Il raconte bien Michel. Il s’amuse et nous amuse ! On peut vraiment les associer tous les deux : Michel et Plubius !
Ce n’est pas beau ce texte ? Passionnant et excitant ?
Sorti du théâtre de l’amour, on n’a qu’une envie : retourner à La Comédie Claude Volter pour y retrouver ces deux hommes qui évoquent avec doigté, finesse et éloquence l’amour : Oublius Ovidius Naso et Michel de Warzée.
Connaissez-vous le surnom donné à Ovide ? Vous le saurez à la lecture de ce programme !

 
Roger Simons,