PRESSE

UNE FOLIE – CRITIQUES

 

LA LIBRE BELGIQUE

Guitry sur le divan
Philip Tirard
Mis en ligne le 14/12/2009

« Une folie » du docteur Sacha chez Volter pour les fêtes. Champagne.
Ça pétille et ça enivre comme du champagne, la langue de Guitry. Rapide, futé, provocateur, amoral, poétique – c’est bourré de métaphores saisissantes -, son théâtre fait toujours recette. C’est que d’abord, il est écrit pour les acteurs – à commencer par lui-même qui, comme Molière, se réservait ses premiers rôles. Lorsqu’il rédige « Beaumarchais », par exemple, il attribue chacun des 66 personnages (!) à un comédien, quand bien même il ne dispose alors absolument pas des moyens d’engager une pareille distribution. Mégalomanie ? Non, simple courtoisie envers le lecteur, qui « pourra ainsi se faire une idée plus exacte du physique des personnages de ma comédie ».

On sait le culte que vouait à Guitry Claude Volter : il monta, joua et mit en scène pas moins de dix-huit œuvres de celui qu’il considérait comme son maître, précise le programme du présent spectacle. C’est la quatrième fois qu’ « Une folie » paraît à l’affiche de son théâtre, pour l’heure dans une mise en scène de Danielle Fire.

Michel de Warzée assume parfaitement la relève du fondateur dans le rôle principal du Docteur Flache, psychiatre qui se dispose à prendre une retraite bien méritée dans le Midi. Ses plans vont être contrariés par l’irruption dans son cabinet d’un couple extravagant, la veille de son départ.
Monsieur Cousinet (Jean-Daniel Nicodème) a amené sa femme Missia (Stéphanie Moriau) chez le praticien parce qu’il la croit folle. Cette dernière tient ensuite exactement le même discours : elle voudrait qu’il examine son mari dont la santé mentale l’inquiète. Bien sûr, elle est charmante, et slave (donc passionnée) de surcroît. Le rôle fut écrit pour Elvire Popesco dans la première version de la pièce, « Un monde fou », en 1938.

Au fil des quatre actes, la situation s’embrouille à plaisir et l’affaire s’achève sur un délirant appel à la promotion du divorce au rang de nouveau sacrement. Jacqueline Nicolas en infirmière gouvernante et Amandine Hinnekens en tapissière ingénue entourent le proverbial triangle de leurs bons soins.
Chemin faisant, Guitry met gentiment en boîte la psychanalyse et la méthode de l’association libre, dont on parlait beaucoup en ces années 30. Et il reste un vrai misogyne, c’est-à-dire désespérément épris d’idéaux inaccessibles : la Femme, l’Amour, le Couple. La distance critique tient dans les majuscule.

« Comédie dingue » assortie d’un prologue concocté par Jean-Pierre Audebeau à partir de textes de Sacha Guitry et sertie dans un décor « d’époque » de Christian Guilmin, cette « Folie » irrévérencieuse et jubilatoire constitue un efficace antidote à la morosité étriquée de notre temps.

Un Style qui séduit encoreA sa mort, en 1957, les détracteurs de Sacha Guitry prédisaient que son théâtre, écrit sur mesure, était condamné à un oubli rapide et définitif. Grossière erreur, soulignée, entre autres, par Claude Volter qui, de 1967 à 2000, joua dix-huit oeuvres de celui qu’il considérait comme son maître. Bien plus qu' »un boulevardier frivole », Guitry est un auteur épris de liberté, qui écrit et joue des comédies « sans méthode, avec facilité, pour son plaisir et le plaisir du public ». Il n’est donc pas étonnant qu’ « Une Folie » ne brille pas par la rigueur de sa construction, mais nous charme encore par l’élégance d’un style très personnel.
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Un Style qui séduit encore à  sa mort, en 1957, les détracteurs de Sacha Guitry prédisaient que son théâtre, écrit sur mesure, était condamné à un oubli rapide et définitif. Grossière erreur, soulignée, entre autres, par Claude Volter qui, de 1967 à 2000, joua dix-huit oeuvres de celui qu’il considérait comme son maître. Bien plus qu' »un boulevardier frivole », Guitry est un auteur épris de liberté, qui écrit et joue des comédies « sans méthode, avec facilité, pour son plaisir et le plaisir du public ». Il n’est donc pas étonnant qu’ « Une Folie » ne brille pas par la rigueur de sa construction, mais nous charme encore par l’élégance d’un style très personnel.

Le docteur Flache s’apprête à s’offrir une retraite dorée sur la côte d’Azur, quand un couple s’impose dans son cabinet. En tête-à-tête avec le psychiatre réduit au silence, chacun des deux amants décrit, dans des tirades torrentielles, les symptômes de la folie de l’autre. Curieusement, les ressentiments exposés par Jean-Louis Cousinet et Missia sont identiques. En critiquant les manies de l’autre, ils révèlent que ce sont leurs propres défauts qui les agacent et qu’ils ont besoin d’effectuer un retour sur eux-mêmes. Dans un premier temps, le docteur Flache se refuse à rempiler : il vend sa maison et part pour Nice, mais… il a « flaché » sur la belle Ukrainienne.

En se ravisant, il permet à l’auteur de se lancer dans des variations originales du traditionnel triangle amoureux. Il ironise sur le divan trop accueillant des psychiatres et sur les femmes qui ne se rendent pas chez les chiromanciennes  » pour qu’on leur dise que leur mari doit vivre vieux, mais pour tâcher de savoir s’il doit mourir bientôt. » Et manie les paradoxes avec virtuosité : c’est dans le mariage, suivi d’un divorce, qu’un couple qui bat de l’aile trouvera la solution à ses problèmes.
N’obéissant qu’à son esprit inventif, Guitry nous entraîne dans une intrigue farfelue. Peut-on croire que le docteur Flache puisse improviser la vente aux enchères de sa maison et totalement l’oublier ?

Cependant ces invraisemblances, comme les quiproquos, contribuent à donner à la comédie une allure fantaisiste et désinvolte. En revanche, on regrette le déséquilibre entre des scènes pleines de vivacité et d’autres, plus pâles, qui s’étirent paresseusement. Quand le héros, moteur de l’action, n’est pas en scène, on ressent un fléchissement de l’intérêt et du rythme. Dommage aussi qu’en se répétant, certains gags perdent leur effet comique.

Danièle Fire, la metteur en scène, nous fait écouter la voix de l’auteur, dissertant sur les femmes et l’amour. Clin d’oeil qui nous suggère qu’il est toujours vivant. Certes, « Une Folie » reflète une respectabilité bourgeoise, bien écornée aujourd’hui. Mais l’évolution des moeurs n’empêche pas la pièce de nous offrir une agréable soirée. On la doit à l’allégresse des comédiens qui nous emportent dans leur folie plus ou moins douce, mais aussi au brio du texte. Même s’il se laisse aller à certaines facilités, Guitry séduit par des dialogues souvent incisifs et des formules cinglantes comme  » Dire le contraire de la vérité, c’est s’en être approché de dos, mais de bien près ! » Parfois, l’homme d’esprit devient moraliste.
Jean Campion

CINEMANIACS

Danielle Fire ( metteuse en scène) : Cette expression peut évoquer un trouble mental , dérèglement , égarement de l’esprit…

Cela peut signifier une riche demeure du XVIIIe où les seigneurs cachaient leurs amours.
Vous le saurez en vous rendant dans cette magnifique bonbonnière de « La Comédie Claude Volter ».
Le docteur Flache , célèbre psychiatre , va quitter Paris pour prendre sa retraite dans le Midi.
Jean-Louis Cousinet , puis Missia Cousinet , viennent dans son cabinet , l’un après l’autre, lui demandant d’examiner son conjoint qu’il croit devenu fou .

Le Dr Flache conclut de leurs propos qu’ils sont tous deux normaux mais lassés l’un de l’autre.
Resté seul avec le docteur , Jean-Louis Cousinet affirme qu’il n’a ni aventure , ni maîtresse. Apprenant par l’indiscrétion d’une communication téléphonique que le Dr Flache vend son hôtel particulier de Neuilly, Jean-Louis Cousinet lui achète son joli pavillon , une véritable « folie » que le duc de Richelieu fit construire au XVIII siècle pour l’offrir à une maîtresse en cadeau d’adieu !
Quelle est l’intention de Monsieur Cousinet ? L’offrir à Missia ? A une autre femme comme Mademoiselle Putifat ? Qu’en pense le Dr Flache ?

En réalité cette pièce est une nouvelle version de « Un Monde Fou » créée à Paris au Théâtre des Variétés le 26 mai 1951, jouée par Sacha Guitry , le docteur Flache- Jacques Morel, Jean-Louis Cousinet- Lana Marconi, cinquième épouse de l’auteur, Missia – Sophie Mallet , Mlle Putifat- et Jeanne Fusier-Gir , l’une des comédiennes engagées régulièrement par Guitry , Valentine.
La Comédie Claude Volter , du vivant de son brillant directeur, Claude Volter , a monté souvent cette pièce d’une grande finesse ( Sacha n’a jamais écrit de pièce ni mauvaise ni quelconque !) en 1968 , 1977 , 1995 ( mise alors en scène par Michel de Warzée) .

Cette saison , rebelote. Le Théâtre de l’avenue des Frères Legrain -où il fait bien agréable de se rendre- a remis la pièce à l’affiche et réunis une belle distribution :
(par ordre d’entrée en scène car tous les rôles ont la même valeur ) : Jacqueline Nicolas (Valentine) , Michel de Warzée Dr Flache) , Jean-Daniel Nicodème ( Jean-Louis Cousinet) , Stéphanie Moriau ( Missias), Amandine Hinnekens (Mademoiselle Putifat) , mis en scène avec brio et intelligence par Danielle Fire , dans le décor luxueux de Christian Guilmin ( le cabinet du Dr Flache)
20h15. La salle est plongée dans le noir. On entend une musique très joyeuse , complètement dingue.

Un écran – fixé devant le rideau rouge non loin des cintres – s’illumine et nous offre des plans de films de Sacha Guitry, et la projection se termine avec…je ne vous le dis pas , c’est une surprise… Le rideau s’ouvre ( étonnamment sans les douze coups traditionnels du théâtre à l’ancienne ).
Valentine , la bonne et l’infirmière du Dr Flache depuis plus de trente ans , écoute la radio ( on disait peut-être encore la TSF vers la fin des années 30 !! Un ravissant petit meuble comme on les imaginait d’antan !) qui émet une chronique lue par une voix célèbre de l’époque ( en réalité, celle de Sacha Guitry lui-même)

Ce prologue n’existait pas précédemment.C’est une idée …heureuse de Danielle Fire , réalisé par Jean-Pierre Audebeau , un nom qui ressemble drôlement aux personnages du Maître !
Valentine adore écouter la TSF en se vautrant aisément sur la méridienne…
Entre le Docteur Flache… ( et ici s’enchaîne le texte de Guitry)On a sonné.Valentine continue à écouter la voix. Le Dr coupe la radio.

Dr : Qui est-ce ?
Valentine : C’est un monsieur et une dame que je n’ai jamais vus.
Dr : Tiens !
Valentine : Oui, c’est bizarre !
Dr : Pourquoi ?
Valentine : Je ne sais pas.
Dr : Alors , pourquoi dites-vous que c’est bizarre ?
Valentine : Parce que Monsieur a l’air de trouver ça bizarre !
Bizarre …Bizarre ! Comme dans « Drôle de Drame » ! C’est étrange !
Dr : Non…je ne trouve pas ça bizarre…mais je n’ai voulu prendre aucun rendez-vous pour avoir la paix aujourd’hui.
Est-ce qu’ils sont ensemble ?
Valentine : Ils sont arrivés ensemble -mais vivent-ils ensemble…sont-ils mariés…font-ils ce que je pense…même se connaissent-ils …ça, je me le demande.
Dr : Ce n’est pas à vous qu’il faut le demander – mais bien à eux.

Les personnages s’imposent immédiatement. Le Docteur Flache ( En voilà un nom ! )- Valentine un rôle important – pratiquement en scène durant les quatre actes. Ca, c’est que faisait toujours Guitry : donner de l’importance au personnel domestique et subalterne. C’est pourquoi il engageait fréquemment , soit pour ses pièces, soit pour ses films , Pauline Carton ou Jeanne Fusier-Gir , deux comédiennes spécialisées dans ce genre de personnage.

Elles étaient du reste classées dans le cinéma français comme « excentriques’ » . Faut dire avec leurs physiques !
Jeanne Fusier-Gir avec son museau de carlin, sa frange sur le front, sa voix toute en susurrements et en pâmoisons et ses mines de guenon…
Pauline Carton, c’était pas mal non plus !
Qu’est-ce qu’elles m’ont fait rire dans les films français des années 40-50 , un peu avant , un peu après…

Et maintenant , à La Comédie Claude Volter , c’est donc Jacqueline Nicolas ( que l’on voyait tout dernièrement au Riches-Claires dans « Deux petites dames vers le nord ») qui interprète Valentine. Elle est tout simplement extraordinaire, sans en faire jamais trop, ce qui est déjà une belle qualité. Ses mimiques , ses gestes sont drôles. On aimerait la voir plus souvent sur nos scènes bruxelloises…

Valentine : Est-ce que Monsieur veut me permettre de lui poser une ou deux questions ?
Dr Flache : Ne parlez pas à la troisième personne, surtout !
Valentine : Ils ne sont que deux.
Dr Flache : Non , à moi- ne me parlez pas à la troisième personne.Vous n’êtes pas femme de chambre ici , je vous l’ai déjà dit vingt fois.
Valentine : Au moins.
Dr Flache : Alors, il faut en tenir compte. Appelez-moi « Docteur » et dites-moi « vous » !
Valentine : Cela m’est presque impossible.
Dr Flache : Faites un effort , voyons !

J’ai beaucoup apprécié Michel de Warzée dans le rôle du Dr Flache. Il n’imite pas un seul instant Sacha Guitry , ce que l’on avait tendance à faire il y a quelques années et du coup, le texte prend une toute autre dimension.

Dr Flache (à Jean-Louis Cousinet) : Oui, Monsieur , oui. Il y a des femmes…des femmes jeunes et séduisantes…que leurs maris négligent…et qui doutent d’elles-mêmes, qui souffrent de ce que le vulgaire appelle « un complexe d’infériorité ».Eh bien le devoir du psychiatre est de les détourner de leur obsession…de leur faire mille compliments…de leur presser les mains…de vous montrer fervent …et d’aller même jusqu’à…ce que vous pensiez – s’il le faut , au besoin…

Jean-Daniel Nicodème(Cousinet) entre en scène avec une autorité , ou plutôt une fausse autorité qui en dit long sur son personnage. Un ton supérieur ! Une préciosité dans son langage ! Il dessine à merveille son personnage, lui aussi sans excès.
Jean-Louis Cousinet : Je suis Monsieur Jean-Louis Cousinet , ingénieur – ne restez pas debout , docteur , je vous en prie. Je viens d’accompagner ma femme jusqu’ici – puis prétextant un rendez-vous – je lui ai déclaré que je ne pouvais pas attendre davantage. Donc , elle me croit parti.

Elle doit ignorer que nous nous sommes vu , Docteur. Je pars mais je veux vous avertir que vous allez recevoir une personne…non pas folle- grands dieux ! Mais complètement désaxée…
Stéphanie Moriau joue excellemment Missia , cette jeune femme qui aurait ? un grain de folie. Son entrée en scène est foudroyante et elle se lance dans un long monologue se déplaçant d’un bout à l’autre du cabinet du docteur avec un savant accent slave qu’elle module avec dextérité !
Missia : Que c’est joli chez vous, docteur. Cette maison vous va comme vous lui allez : les cheveux, la boiserie, les yeux, les tableaux , la cravate , le col, les meubles et les manchettes aussi -tout cela est très XVIII e – c’est comme un rêve polychrome…Et je me félicite de connaître enfin l’illustre psychiatre dont parle tout Paris…

Stéphanie bonifie magnifiquement au fil de ses jeunes années. Que de robes étincelantes qui l’habillent et dont elle change plusieurs fois.Elle accroche fort !
Méfiez-vous Mesdames !

Et la jeune comédienne – j’allais dire : la comédienne en herbe- Amandine Hinnekens ( que nous avions vu récemment dans « La nuit la plus longue » ) joue cette curieuse mademoiselle Putifat ! Que vient-elle faire chez le Docteur Flache ? Ou mieux, pourquoi le Docteur Flache lui a-t-il demandé de venir dans sa belle maison de Neuilly ? Elle a l’air un peu folle – elle aussi- avec son drôle de regard étonné ! Et elle parle tout le temps de la «diagonale » qui se trouve dans la chambre du premier étage !

Quiproquos à répétition ! Je ne vous en dis pas davantage. J’ai en horreur de « déflorer » un spectacle , c’est tellement plus excitant quand on en découvre soi-même les ficelles , les astuces.
Dr Flache : Je vous écoute , mademoiselle.
Mlle Putifat ( elle n’est ni belle , ni laide , sympathique à voir et à entendre avec son air complètement ahuri) : Eh bien , docteur , ça ne va pas.
Dr Flache : Eh ! Non, ça ne va pas…je le vois bien.Qu’est-ce qu’il y a donc qui ne va pas ? Le savez-vous seulement vous-même ? Si vous le savez , si vous pouvez le formuler – dites-le-moi.
Mlle Putifat ( catastrophée) : Il n’y a plus de diagonales !
Dr Flache : Il n’y a plus de diagonales ?
Elle est mignonne Amandine , et sûre d’elle. Un très beau début d’actrice, à peine en sortie d’études de l’art dramatique…

Danielle Fire a réalisé une très bonne mise en scène, toute en trouvailles qui auraient plu à Sacha Guitry. Elle a également le don , le talent de diriger ( Oh , ce mot est un peu barbare) , non de travailler avec ses acteurs et de leur faire des propositions d’interprétation de leurs personnages , toujours de belle justesse et de précision et ce , dans un climat d’amitié et de joie.

Quel plaisir de jouir de ce spectacle de belle humeur et d’humour intelligent ! Quelle qualité de texte !
Danielle Fire ( metteuse en scène) : Ici , tout , particulièrement, où le style ciselé , élégant et le mot « le bon mot », alliés à la subtilité psychologique des personnages confrontés à la Folie !
Folie , paradoxe humain, qui , grâce au trompe l’œil , au faux-semblant du théâtre , nous permet de rire alors qu’on devrait pleurer.
Faux semblant du théâtre d’hier , mais génial trompe l’œil d’aujourd’hui , revisité de manière burlesque.

Voilà un sujet où Guitry brille , et même s’il apparaît , aux yeux de certains , comme le chantre d’une société française établie , rien n’est vain chez lui.
Nous, spectateurs, on en veut bien de ce théâtre écrit par l’un des plus grands auteurs dramatiques du vingtième siècle.

Un théâtre simple , direct , de belle qualité d’écriture avec un dialogue percutant , parfois même avec un seul petit mot qui porte.

Un théâtre accessible avec lequel on ne doit pas se creuser, la tête, où l’on ne doit pas se fatiguer pour essayer de comprendre ce qui est dit. Cela peut arriver parfois au théâtre !
Cela dit , le « petit grain « qui touche chaque personnage l’un après l’autre est plus discrètement marqué avec un humour plus fin. Il y a une philosophie lucide et désabusée mais surtout indulgente.
Avec cette pièce , Sacha Guitry est revenu à son éternel trio par des voix moins vaudevillesques et plus proches de la comédie.

Et je trouve aussi que le public a le droit de se rendre au théâtre simplement pour se distraire, chasser les ennuis de la journée.Et dieu sait s’ils sont nombreux !

Et comme le dit Danielle Fire :
Danielle Fire : Guitry , c’est « L’Amour du théâtre » – « L’Amour des femmes « – « L’Amour du libertinage »- «L’Amour de la volupté »…Grande question !
Question passionnante voulez-vous dire Chère Danielle Fire !
Danielle Fire : Mais , depuis la nuit des temps , nous savons tous que les dieux ont condamné la Folie à servir de guide à l’Amour !
« C’est être constant que d’aimer l’amour mais ce n’est pas être inconstant que de changer de femme puisque les femmes changent… »
(Sacha Guitry)

Au fait , connaissez-vous le jeu du psychiatre avec sa patiente ?
Le docteur : …Allégresse…Imprudence !
La patiente : Enchantement…Audace…Expérience…
Ainsi de suite…Essayez avec votre partenaire Madame , Monsieur, Mademoiselle…C’est ce que font le Dr Flache et Missia…
(Avec des extraits de la pièce de Sacha Guitry « Une Folie » et de propos publiés dans le programme du théâtre)

Roger Simons,