PRESSE

AMAZONE

Critique du Soir (édition du 26/02/2014)

L’art n’est-il pas destiné à déformer le réel, déplacer notre regard, décaler nos perceptions ? Du théâtre aux arts plastiques, l’art n’est autre que la pratique du pas de côté pour nous placer en-dehors de nous-mêmes avec, du coup, vue imprenable sur notre condition humaine. En cela, l’art fait de tous les marginaux ses rois. De tous ceux qui fonctionnent en bordure du monde, ses disciples.
 
Ça tombe bien : A la « S », laboratoire de création dédié à des artistes mentalement déficients, on entend parler de créateurs «outsiders» et non handicapés. Dans cette asbl située au cœur des Ardennes Belges, on met en avant les singularités, plutôt que les défaillances, de ces hommes et femmes engagés dans des ateliers de peinture, textile, photographie, sculpture, etc. Au lieu de renfermer leurs pratiques de création dans l’enceinte rassurante de catégories qui les isolent sous prétexte de les protéger, on les confronte aux questionnements d’autres artistes contemporains.
 
C’est ainsi que les artistes de l’atelier textile ont réalisé les marionnettes du spectacle Amazone de et avec Jean-Michel d’Hoop et Héloïse Meire. Des marionnettes fantasmagoriques et détonantes qui font tout le sel de cette pièce où le mythe des amazones, mythiques guerrières qui se mutilaient un sein pour pouvoir mieux manier l’arc à flèches, questionne les combats féministes de notre époque.
 
Le héros grec Thésée y tombe amoureux d’Antiope, reine des Amazones, mais leur histoire d’amour ne sera pas un long fleuve (Amazone) tranquille. Affrontant cyclope, sirène et hydres, le couple lutte surtout contre l’éternelle guerre des sexes, réflexes machistes d’un côté et obsessions militantes de l’autre.
 
Avec un rideau rouge et trois caisses de bois pour seuls accessoires, Jean-Michel d’Hoop et Heloïse Meire revisitent la mythologie avec une approche rock n’roll, une intrigue parfois un peu naïve, et une énergie à vous terrasser un minotaure.
 
Avec son esthétique « art brut », sa dramaturgie de bouts de ficelles et son humour bon enfant, Amazonese positionne plutôt comme une pièce jeune public mais dégage, par la magie de ses marionnettes baroques, une irrésistible puissance visuelle. Démesurées et effrayantes, elles font surgir un bestiaire fascinant, avec ses bouches déformées, son anatomie exorbitée, ses yeux hallucinés, et nous plonge dans un imaginaire improbable. Barge et à la marge, fabuleusement.
CATHERINE MAKEREEL
 

L’ECHO du 22/02/2014
 
 
La Libre du 27 février

Deux artistes audacieux nous invitent à un voyage mythologique peuplé de créatures étonnantes, à la Comédie Claude Volter.

Jean-Michel d’Hoop et Héloïse Meire évoquent les relations hommes-femmes en racontant l’histoire d’amour entre la reine des Amazones et le Roi d’Athènes.

Hydre, cyclope, sirène, et autres figures mythiques croisent leur périple fabuleux.

 Ceux qui entreprennent un voyage mythologique savent qu’ils risquent de rencontrer sirènes, hydres, cyclopes et autres créatures. En accompagnant Héloïse Meire et Jean-Michel d’Hoop qui racontent l’histoire d’amour de Thésée, le héros grec, et d’Antiope, reine des Amazones, on assiste à une guerre des sexes mais aussi à un périple fabuleux peuplé de marionnettes créées par les artistes déficients mentaux de La « S » Grand Atelier.

À l’origine, deux grands vœux

À l’origine de la création du spectacle « Amazone », représenté jusqu’au 2 mars à la Comédie Claude Volter, le vœu de deux artistes, Héloïse Meire et Jean-Michel d’Hoop, de travailler ensemble pour explorer les relations hommes-femmes. Et quelle histoire d’amour plus complexe que celle d’Antiope, reine des Amazones, guerrière féministe et indépendante, et de Thésée, roi d’Athènes, au sommet d’une société patriarcale ?

Les deux acolytes découvrent parallèlement le travail des artistes déficients mentaux de la « S » Grand Atelier à Vielsam. Leurs créations étranges reflètent l’univers qu’ils souhaitent explorer. Les artistes imaginent et fabriquent alors de grandes marionnettes mythologiques, sirène, hydre, gorgone, Minotaure…

Un spectacle d’Art brut

Sur scène, Jean-Michel d’Hoop et Héloïse Meire incarnent l’histoire d’Antiope et Thésée, du naufrage d’un bateau à la vie sur une île jusqu’au retour à Athènes. Au cours de cette histoire, Thésée fait le récit de ses exploits – bien machos aux dires d’Antiope – et conquiert le cœur de sa guerrière. A deux, ils affrontent des créatures démesurées, étranges et effrayantes.

Avec de lourds rideaux rouges et trois caisses pour seuls décors, les artistes pleins d’énergie font vivre les marionnettes fantasmagoriques. Si elles semblent curieuses au premier abord, ce bestiaire magique dégage une puissance visuelle étonnante. Malgré l’intrigue qui semble un peu simple parfois, on se laisse toutefois emporter dans ce voyage à l’esthétique Art Brut. Un voyage fabuleux, puissant et poétique.

Camille de Marcilly

 
Les Feux de la Rampe  22/02/2014  

Avec AMAZONE : on replonge  et on refait la connaissance de toute la littérature antique. Et j’aime autant vous dire, Messieurs, que nous, les mâles, nous passons un mauvais quart d’heure…

HELOISE MEIRE  & JEAN-MICHEL D’HOOP : Une belle association…

La revoici avec AMAZONE et ses marionnettes qu’Héloïse fait vivre avec la complicité de  Jean-Michel D’Hoop.

 
AMAZONE

Légendes  héroïques, divines  appartenant à l’Antiquité grecque romaine…

Amazone : peuplade de femmes guerrières d’Asie Mineure…

Les Amazones se coupaient le sein droit pour mieux tirer à l’arc…

Les Amazones : des femmes courageuses, belliqueuses qui montent  cheval en s’asseyant sur le côté…

Amazone, c’est aussi le plus grand fleuve d’Amérique du Sud «  Rio de las Amazonas »

Des explorateurs  au  XVIe siècle avaient été attaqués par des amazones, probablement des groupes d’Amérindiens, lanceurs de flèches d’où l’adjectif amazonienne…

Des femmes guerrières, totalement indépendantes, à l’inverse d’une société grecque patriarcale, qui défiaient l’autorité masculine.

Certains disent  qu’elles n’usaient des hommes que pour se reproduire. Singulière époque !

Mais attention, nous sommes dans la légende revue et travaillée par Héloïse et Jean-Michel.

Avouez, il y a un lien très clair et proche entre ces amazones  et celles de notre vingtième siècle… nos femmes quoi !

Un spectacle pour nous aussi, spectateurs, absolument passionnant.

On est un peu dérouté au début de la pièce, on se pose des questions, on ne comprend pas très bien, et puis quelques minutes plus après, tout s’installe dans notre imaginaire qui  travaille en relation avec ce qui se passe en scène.

Et il s’en passe des choses entre Thésée, héros de la mythologie grecque – fils du roi d’Athènes, et Antiope, personnage féminin héroïque – fille du fleuve Asopos,  et «amazone».

Ils sont excellents tous les deux  dans  l’interprétation du texte qu’il faut  jouer très rapidement et également dans leurs gestuelles…On perçoit leur complicité !

Mais ce n’est pas tout !  Ils manipulent  plusieurs marionnettes conçues par les Artistes de la « S » Grand Atelier et leurs animateurs plasticiens.

Une esthétique «  art brut », décalée, à la fois poétique et dérangeante, en phase avec l’esprit du spectacle.

Et on les voit ces monstres… en marionnettes. Impressionnant surtout les hydres, un genre d’animal de l’embranchement des  cnidaires…

On vogue dans le rêve et on se régale en regardant ces superbes marionnettes  aux visages effrayants.

Le jeu d’Héloïse et Jean-Michel avec ces marionnettes est superbe. Ils se trouvent derrière la marionnette mais on les voit moduler leurs lèvres pour faire parler tel ou tel personnage.

Les marionnettes sont tout à fait extraordinaires et sortent des sentiers battus par rapport à d’autres styles habituels et conventionnels.

 

EXPOSITION A VIELSALM

Une façon de découvrir tout le travail réalisé par les artistes de la « S »  autour   d’AMAZONE

 

LES AUTEURS :

Héloïse Meire prépare pour la prochaine saison une adaptation  de  Dehors devant la porte de Wolfgang Borchert. Elle réalisera la mise en scène au Théâtre National.

 

Jean-Michel D’Hoop prépare pour la prochaine saison Borgia une comédie contemporaine de l’étonnant Thomas Gunzig.