KORCZAK, LA TÊTE HAUTE

du 13 au 31 mars 

KORCZAK, LA TÊTE HAUTE

Jean-Claude IDEE

Inventeur des Droits de l’Enfant, le célèbre pédiatre et pédagogue polonais ac­compagne jusqu’au bout les enfants de l’orphelinat de Varso­vie alors que les Allemands lui proposent de partir.

Durant les jours qui précèdent l’issue fatale à Treblinka, Janusz Korczak prépare ses protégés à ce qui les attend.  Il fait aussi le point sur sa vie et sur son œuvre, avec à ses côtés, sa fidèle Stefa et la jeune et rebelle Esther.

Passionné par les enfants, il leur consacrera de nombreux ouvrages, dans lesquels il inventera une nouvelle pédagogie dont l’épicentre est l’autogestion de l’école par les élèves.

L’homme est grand quand il se met à la hauteur d’un enfant !

Janusz Korczak : Vous dites : c’est épuisant de s’occuper des enfants.Vous avez raison. Vous ajoutez : parce que nous devons nous abaisser à leur niveau.
Vous vous trompez. Ce n’est pas cela qui vous fatigue mais le fait que nous devons sans cesse nous élever à la hauteur de leurs sentiments.

Sur le quai de la gare, à un officier allemand qui tentait encore de l’écarter, Korczak répondra : « Moi sans les enfants ? J’aurais trop peur de vous ressembler »…

Fort du succès de ses mises en scène des Démineuses et de Saint-Exupéry à New York en 2016, Jean-Claude Idée porte ici à la scène sa propre pièce. On y retrouve avec plaisir Alexandre von Sivers dans ce rôle bouleversant.

Avec : Alexandre Von SIVERS, Cécile Van SNICK & Stéphanie MORIAU

Mise en scène, Décors & Costumes : Jean-Claude IDÉE

Interview d’Alexandre von Sivers sur Tvcom

Le Teaser  Théatrez-moi

LA PRESSE  :

Interview d’Alexandre von Sivers sur Tvcom

RTBFCultureKorczak, la tête haute, une création au Blocry. Et sur scène trois comédiens exceptionnels !. Christine Pinchart

Demandez-le-programmeCe personnage est utile, Cécile Van Snick réussit à le rendre attachant. Nous sommes touchés par sa fidélité et la tendresse qui la lie à Korczak. On s’en rend compte, lorsqu’ils évoquent les moments de bonheur, passés à “Petite rose”, la ferme mo dèle autogérée par les enfants. Stéphanie Moriau est une Esther rebelle et idéaliste, sous l’emprise du pédagogue. Les larmes aux yeux, elle avoue que c’est un de ses discours qui l’a décidée à devenir institutrice. Par son jeu sobre, plein de retenue, Alexandre von Sivers incarne un Korczak simple et chaleureux. J .Campion , Demandez-le-programme 

Une coproduction de L’Atelier Théâtre Jean Vilar, de la Comédie Claude Volter et de DC&J Création, avec le soutien du Tax Shelter, du Gouvernement fédéral belge et d’Inver Tax Shelter.

Crédit photo © Nicolas Janssens

Durée du spectacle 1h30

Les personnages

Janusz Korczak (Henryck Goldsz­mit de son vrai nom) a fait des études de médecine et, à ce titre, a participé à trois guerres, dirigeant des hôpitaux de cam­pagne sous l’uniforme russe, puis polonais. Pédiatre, écrivain, journaliste, homme de radio, psychopédagogue autodidacte, il est un monument national polonais connu dans le monde entier. Il a fondé, en 1912 à Varsovie, La Maison des orphelins pour enfants juifs puis, en 1919, Notre Maison, orphelinat pour enfants chrétiens et, en 1921, Petite Rose, une maison d’été, à la campagne, qu’il transforme en ferme modèle autogérée par les enfants. Toute sa vie, il s’est passionné pour les enfants, leur consacrant de nombreux ouvrages et mettant au point une pédagogie nouvelle.

Non-conformiste, il refuse de porter l’étoile de David et sort régulièrement du ghetto, à la barbe des Allemands, malgré l’interdiction sous peine de mort. En 1942, c’est un homme fatigué. Au bord du suicide, seules ses responsabi­lités le retiennent. Il veut présenter à tous un visage digne et optimiste, garder jusqu’au bout « la tête haute ». Ses écrits sont à la base de la Déclaration Universelle des Droits de l’Enfant à l’ONU.

Esther Winogron étudiante en Sciences Naturelles à l’Université de Varsovie. Après avoir assisté Korczak dans ses tournées des orphelinats, elle est devenue pédagogue à La Maison des orphelins. Révoltée, exaltée, elle veut bâ­tir l’avenir avec l’appui de Korczak mais entre fréquemment en conflit avec lui.

Stefania Wilczynska (Madame Stefa) a étudié les Sciences Naturelles à l’Université de Liège. En 1909, elle rencontre Korczak dans un orphelinat à Varsovie. Elle est, depuis plus de 30 ans, sa plus proche collaboratrice. Cette femme énergique, tendre et résolue a renoncé de s’installer en Palestine pour accompagner Korczak dans le ghetto.

L’action de la pièce se déroule du 10 juin au 4 août 1942.

Chronologie des faits

– Septembre 1939 : les Allemands envahissent la Pologne. Hitler signe le décret auto­risant les chambres à gaz.

– 15 novembre 1940 : fermeture du ghetto de Varsovie. Près de 400.000 Juifs y seront enfer­més. Malgré la résistance de Korczak, La Maison des orphelins y est transférée de force.

– Septembre 1941 : réduction des rations alimentaires et interdiction de recevoir des colis dans le ghetto.

– 20 janvier 1942 : Conférence de Wannsee : décision de la mise en œuvre de la solution finale à la question juive.

– 8 juin 1942 : Korczak organise la cérémonie de la consécration du drapeau vert de La Maison des orphelins. Les enfants prêtent serment de «cultiver l’amour pour les êtres humains, pour la justice, la beauté et le travail.»

– 22 juillet 1942 : décret de déportation des 380.000 habitants du ghetto, à raison de 9.000 par jour. Le 12 septembre, il ne reste que 60.000 juifs dans le ghetto.

– 5 août 1942 : Korczak, Madame Stefa, les éducateurs et les 200 enfants de La Maison des orphelins sont déportés à Treblinka.

Entretien avec Jean-Claude Idée

Janusz Korczak est un personnage historique marquant. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire sur lui ?

J’ai écrit une pièce sur Célestin Frei­net [présentée en lecture le 25 février au Théâtre Blocry] et les professeurs de mes filles qui sont venus voir le spectacle m’ont dit que je devais absolument écrire sur Janusz Korczak. Je me suis donc ren­seigné et, en effet, c’est un homme épa­tant. J’ai éprouvé le besoin de partager la connaissance de ce personnage avec le public le plus large possible. Korczak était directeur d’un orpheli­­nat dans le ghetto de Varsovie. Lorsqu’il se rend compte que l’issue est inéluc­table, il décide de rester avec les enfants pour leur éviter la panique et faire en sorte que cela se passe le mieux possible. Il est non seulement un pédagogue révo­lutionnaire qui a inventé l’autogestion dans son orphelinat, mais c’est aussi un homme qui a largement inspiré Fran­çoise Dolto et Boris Cyrulnik notam­ment. Avec des préoccupations comme la résilience et la gestion d’un trauma­tisme, c’est un précurseur. Son travail dans le ghetto fait penser à celui des psy­chologues qui encadrent aujourd’hui les victimes d’attentats. Il était tout à fait innovant.

Comment avez-vous procédé pour l’écriture ? 

Korczak a écrit toutes les nuits un journal qui s’arrête à la veille de sa dé­portation à Treblinka, où il va mourir avec les enfants. Il livre une chronique au jour le jour des vicissitudes qu’il traverse. Beaucoup de choses dans la pièce sont directement inspirées de ses prises de parole à la première personne. Cer­tains monologues sont directement puisés dans le journal du ghetto. Je me suis contenté de recontextualiser et de faire exister deux autres personnages qui sont vrais également, Stefa, qui a accompagné Korczak pendant 30 ans, et Esther. Une troisième personne a égale­ment joué un rôle important dans la vie de Korczak, Maryna. Sous la direction de Korczak, Maryna gérait l’orphelinat d’en­fants catholiques en dehors du ghetto, et Stefa, celui du ghetto. Jusqu’au bout, Korczak a fait la navette entre les deux en prenant de grands risques. Korc­zak, Maryna et Stefa avaient passé un contrat : ils ne seront jamais payés, ne se marieront pas et ne feront pas d’enfants.  Craignant que son journal soit détruit par les Allemands, Korczak le confie à Maryna. Celle-ci le cache en l’emmurant dans l’orphelinat catholique. C’est lors de la destruction du bâtiment en 1957 que le journal réapparaît. Ce récit est à la fois une très grande tragédie, une leçon d’histoire, mais ces personnages sont tellement positifs, pleins de vie, pleins de cette volonté de passer au-delà de la tragédie qu’ils apportent une grande hu­manité. C’est le message de Korczak : du fond de la mort, c’est un chant d’amour à la vie, aux enfants, à l’éducation. Dans des périodes un peu difficiles, comme celle que nous traversons maintenant, il est bon de se souvenir de gens comme lui qui nous montrent comment se conduire convenablement.

Bibliographie de Janusz Korczak

Comment aimer un enfant suivi de Le droit de l’enfant au respect, Robert Laf­font, 1998.

Les Règles de la vie. Pédagogie pour les jeunes et les adultes, Editions Fabert, 2010.

Journal du ghetto. Nouvelle édition aug­mentée de lettres et de documents inédits, Robert Laffont, 1998.

– Le Roi Mathias Ier, Editions Gallimard Jeunesse, 2004.

Autres sources

Hoess Rudolf, Le Commandant d’Aus­chwitz parle, Editions La Découverte, 1995.

Goldensohn Leon, Les Entretiens de Nu­remberg, Editions Flammarion, 2009.

Karski Jan, Mon témoignage devant le monde. Souvenirs 1939-1943, Robert Laf­font, 2010.

Arendt Hannah, Eichmann à Jérusalem, Gallimard, 2002.

Czerniakow Adam, Carnets du ghetto de Varsovie. 6 septembre 1939 – 23 juillet 1942, Editions La Découverte, 2003.

Edelman Marek, Mémoires du ghetto de Varsovie, Editions Liana Levi, 2002.

Shoah, film de Claude Lanzmann, 1985.

Tagore Rabindranath, Amal et la lettre du roi, traduction d’André Gide, Gallimard, 1962

Grands pédagoques : Janusz Korczak

Janusz Korczak

korczak la tête haute

Un jour, notre Histoire du 7 août 2018 – Janusz Korczak :    Janusz Korczak, ou de son vrai nom Henryk Goldszmit, était un écrivain, un éducateur et un médecin juif polonais. Il est surtout connu pour avoir été le fondateur et le directeur de l’orphelinat juif de Varsovie. Eliana Gurfinkiel nous raconte son histoire et surtout ses méthodes éducatives révolutionnaires pour l’époque.

Le roi Mathias par Maëlle Guéroult, artiste kamishibai et papier découpé